Samuel Ascher (Aszer)
Né à Metz le 23 mai 1928 · Assassiné à Auschwitz-Birkenau le 31 août 1942
Convoi n°24 · Drancy → Auschwitz-Birkenau · 26 août 1942
Samuel Ascher (ou Aszer), connu aussi sous le diminutif de Samy, a vu le jour à Metz, le 23 mai 1928. Il est issu de l'union de Herzson Aszer, né le 14 décembre 1900, à Varsovie, en Pologne, résidant au moment de son mariage 13 rue Clovis à Metz, et Chawa Tenenbaum, née le 20 août 1906, à Tarlow, en Pologne.
L'acte de mariage des parents de Samuel, conservé aux archives municipales de la ville de Metz (cote 1E/d79), nous apprend les noms de ses grands-parents paternels, Elias Aszer et Chawa Broch, commerçants domiciliés à Varsovie en Pologne, et maternels, Izak Tenenbaum, commerçant, et Cipa Lieberman, sans profession, domiciliés à Metz, 1 rue de la Grande Armée. On y apprend également que le père de Samuel était commerçant et sa mère représentante.
On sait, grâce aux archives de Moselle, dans un document où figurent les membres de l'association Kenesseth Israël, que les grands-parents maternels, Isek et Cipa Tenenbaum, venant de Pologne, sont arrivés à Metz en 1924, après un passage par Varangéville, en Meurthe-et-Moselle (cote 304M112).
Les grands-parents maternels de Samuel étaient installés au 1 bis rue de la Grande Armée, à Metz. Ils y tenaient un commerce de confection pour homme. Le père de Samuel travaillait-il dans la boutique familiale ? On ne sait pas. Il semble que la famille Aszer ait été très discrète à Metz.
La famille de Samuel demeurait, quant à elle, 9 rue Ausone, à deux kilomètres des grands-parents.
Samuel est scolarisé au lycée Fabert, d'abord dans les petites classes : les archives départementales de la Moselle possèdent son imprimé d'inscription en classe de 7°2, où il entre en qualité d'externe en octobre 1937, après avoir fréquenté le lycée de Jeunes Filles. Il est précisé qu'il passe les examens en français, signe probable que le niveau acquis dans ses précédentes années de scolarité n'était pas suffisamment bon pour qu'il soit admis directement dans l'établissement.
Dans les « renseignements divers », on lit : « à tenir un peu fermement », indication du caractère rétif de Samuel, qui se manifestera par la suite en classe de 6° par de multiples sanctions.
Il demande à être scolarisé dans la classe de Monsieur Theuret, dont nous avons trouvé une photographie datée des environs de 1933 — même si Samuel ne figure donc pas sur cette photo, on y voit son professeur et on prend conscience de la lourdeur des classes de primaire à cette époque.
Il semblerait qu'il ait été un élève un peu difficile et peu porté sur le travail scolaire, en témoignent les différents bulletins scolaires et travaux écrits de sa main conservés aux archives départementales de la Moselle. Il obtient des résultats passables en classe de 7°, même s'il est noté qu'il a fait des progrès. Il obtient des résultats passables dans la classe de 7° (même s’il est noté qu’il a fait des progrès) comme nous l’apprennent les appréciations trimestrielles, ainsi que quelques-unes de ses copies de devoirs pour l’année scolaire 1937-1938.
Au-delà de ces résultats bien moyens, on notera à quel point il est émouvant de retrouver dans ces copies l'écriture appliquée d'un jeune enfant dont la vie va être brisée à peine quelques années plus tard…
En 1938-1939, il fréquente la classe de 6°B2 où il obtient des résultats scolaires peu glorieux, motivant des sanctions graves, puisqu'il reçoit en décembre 1938 puis en juillet 1939 deux blâmes du conseil de discipline, son bulletin du premier trimestre faisant état d'une « paresse générale qui a motivé une sanction grave ». Le proviseur ajoute qu'il « espère que cet avertissement solennel sera compris qu'on changera radicalement de méthode » et qu'il a obtenu des résultats « faibles et compromettant le succès de l'année s'il n'y a pas de changement immédiat ».
Au deuxième trimestre, le proviseur note quelques progrès, mais qui sont « loin d'être suffisants » : « l'effort ne s'est pas étendu à toutes les matières et il y a des résultats encore très faibles. Il faut accentuer vigoureusement l'effort ; c'est à ce prix qu'on pourra arriver, à la fin de l'année, à approcher le niveau souhaité ». Il semble néanmoins que Samuel n'ait pas fourni les efforts attendus, puisqu'il est de nouveau sanctionné en fin d'année et reçoit un nouveau blâme du conseil de discipline en juillet 1939.
Comme toutes les familles juives de Metz, la famille Aszer quitte la Moselle au début de la guerre et on la retrouve à Paris dès 1940, signe vraisemblable qu'ils avaient anticipé leur départ. Un courrier du grand-père de Samuel, Isek Tennenbaum, daté de fin juillet 1942, conservé au Mémorial de la Shoah à Paris, évoque le départ de Herzson, sa femme et ses deux enfants de la ville de Metz.
Les Archives de Paris possèdent une demande d'inscription pour Samuel, au lycée Rollin, à Paris (IXe), pour l'année scolaire 1940-1941. La classe indiquée est la 4e B1 (cote 3769W90). Herzson donne comme adresse le 125 boulevard Richard Lenoir, Paris (XIe). On constate alors que l'ancien établissement de Samuel est aux Sables d'Olonne, en Vendée : la famille Aszer, après son départ de Metz, s'est-elle installée quelque temps en Vendée ? On ne sait pas — les archives départementales de Vendée n'ont pas trouvé trace de Samuel dans un établissement.
Le registre du lycée Rollin, année scolaire 1940-1941, nous révèle que Samuel, dit Samy, est inscrit en tant que demi-pensionnaire. Il choisit l'anglais et l'espagnol comme langues vivantes, en classe de 4°B1. On voit également que leur première adresse parisienne est raturée et remplacée par leur dernière adresse connue : 64 avenue Simon Bolivar, Paris (XIXe). Ses professeurs indiquent une attitude irrespectueuse, des résultats insuffisants. Il reçoit un blâme après passage en conseil de discipline puis est exclu de l'établissement. Samuel est inscrit en octobre 1940 et y reste jusqu'en avril 1941.
Après la publication de l’ordonnance allemande du 27 septembre 1940, la famille Aszer se fait recenser.
On y lit, au paragraphe 3, que « toute personne juive devra se présenter jusqu’au 20 octobre 1940 auprès du sous-préfet de son arrondissement, dans lequel elle a son domicile ou sa résidence habituelle, pour se faire inscrire sur un registre spécial. La déclaration du chef de famille sera valable pour toute la famille. » Et au paragraphe 6 : « les contraventions à la présente ordonnance seront punies d’emprisonnement et d’amende ou d’une des deux peines. La confiscation des biens pourra en outre être prononcée.
C’est la préfecture de police française qui communique par voie de presse et d’affiches.
Les « ressortissants juifs devront, en conséquence, se présenter dans les commissariats des quartiers ou circonscriptions de leur domicile, munis de pièces d’identité. »
Après son exclusion du lycée Rollin, Samuel arrive au lycée Voltaire dans le XIe arrondissement, dans un quartier limitrophe de leur domicile. À son arrivée le 26 avril 1941, il est inscrit en 5e 8B — le lycée a dû estimer que ses résultats ne lui permettaient pas de rester en 4e.
Dans les années 1930-1940, le lycée est payant et seuls les élèves issus de familles aisées peuvent y accéder. Toutefois, un système de bourses très efficace dans une école alors vraiment républicaine permet à des jeunes gens comme Samuel d'intégrer le lycée. Entre 1932 et 1941, le proviseur se nomme Roger Rieumajou.
Léon Zampa, concierge au lycée de 1914 à 1942, témoigne : « Tous les élèves ont le même emploi du temps : les cours commencent à 8h30 et se terminent à 16h30 avec une pause pour le déjeuner. Une étude surveillée accueille les élèves à 8h le matin jusqu'à 18h le soir. L'administration offre un goûter, du thé et des tartines, aux élèves qui y restent. La discipline est assez stricte, le bavardage et l'indiscipline sont sanctionnés par une colle le jeudi. Chaque trimestre, les élèves ont une composition par matière. […] Chaque année, une solennelle distribution des copies fait l’objet de tout un cérémonial.»
Il semble néanmoins que Samuel ait été peu assidu, puisque sur le seul bulletin trimestriel que les archives de Paris (cote 2689W36) possèdent de sa scolarité au lycée Voltaire, pour l'année 1940-1941 après son entrée le 26 avril 1941, il est porté « absent » ou « n Cl » (non classé) dans toutes les matières.

Plaque mémorielle du Lycée Voltaire, mentionnant Sami-Samuel Ascher
Le 16 juillet 1942, la famille Aszer est arrêtée à son domicile, lors de la grande rafle du Vél' d'Hiv.
La rafle du Vélodrome d'Hiver (16-17 juillet 1942)
Survenue les 16 et 17 juillet 1942, la rafle du vélodrome d’hiver 48 ou rafle du vel d’hiv est la plus importante rafle de juifs organisée sur le territoire français. Cette rafle avait été préparée en amont par les autorités d’occupation conjointement avec les autorités françaises : le préfet de police de Paris, André Tulard, concepteur du « fichier juif » indispensable pour connaître les adresses des juifs parisiens, avait dressé, neuf jours avant les événements, une liste de 24 ou 25 000 juifs étrangers, essentiellement des apatrides (qui avaient été déchus de leur nationalité allemande, autrichienne ou polonaise par les nazis). Cette liste comprenait exclusivement des hommes de 16 à 60 ans et des femmes de 16 à 55 ans. Il avait été donné pour consigne d’épargner les femmes proches de l’accouchement ou allaitant, les enfants, les vieillards et les femmes des prisonniers de guerre ainsi que les familles dont un des enfants au moins était non juif. A quatre heures du matin, le 16 juillet 1942, la rafle est déclenchée. Ce sont 9000 fonctionnaires, dont 4000 policiers et gendarmes français, sous les ordres de René Bousquet, qui sont mobilisés pour cette opération nommée « vent printanier » et se présentent au domicile des juifs parisiens. Les consignes préalablement données d’épargner certaines catégories de personnes ne sont pas prises en compte, le « tri » devant se faire dans les centres de rassemblement. Conçue à l’initiative de l’occupant, mais menée de bout en bout par les autorités de l’État français, cette opération a également nécessité la mobilisation d’une soixantaine de cars de la police et de la TCRP (ancêtre de la RATP) pour l’acheminement des Juifs vers Drancy ou le Vel d’Hiv.
13152 juifs parisiens, dont 4115 enfants, 5919 femmes, 3118 hommes sont alors arrêtés, parmi eux des juifs français, soit deux fois moins que le quota fixé par les autorités allemandes et la préfecture de police. Cela s’explique surtout par des actes de solidarité, des gendarmes qui sont allés prévenir des familles que la rafle allait avoir lieu, des concierges d’immeubles ou des voisins qui ont caché des familles ou des enfants juifs. Les juifs arrêtés sont d’abord dirigés vers des « centres primaires de rassemblement », c’est-à-dire des gymnases ou des écoles, avant d’être envoyés à Drancy (pour les personnes seules et les couples sans enfants) ou, à partir du 19 juillet, au vélodrome d’hiver (où sont regroupées les familles avec enfants). Ce sont alors 8160 personnes, dont une majorité d’enfants, qui vont s’entasser dans ce lieu où rien n’est prévu pour un séjour de longue durée. Les conditions de « vie » y sont sordides : pas de couchage, ni eau potable, ni nourriture, des toilettes qui sont rapidement bouchées et débordent dégageant des odeurs pestilentielles, un éclairage violent jour et nuit, des malades, des femmes qui accouchent, une centaine de personnes qui se suicident en se jetant des gradins les plus hauts… et pour s’occuper de tous ces pauvres gens seulement trois médecins et une dizaine d’infirmières de la Croix Rouge. Dans la confusion, quelques détenus parviennent tout de même à s’échapper. Mais le 5 août, les internés du Vel d’hiv sont déplacés vers les camps d’internement de Drancy, ou de Pithiviers et Beaune la Rolande dans le Loiret. Contrairement aux ordres initiaux, les enfants de moins de 12 ans accompagnent les adultes. En août 1942, les mères sont enlevées à leurs enfants et déportées vers les centres de mise à mort nazis. Deux semaines plus tard les enfants sont à leur tour déportés vers Birkenau. Il n’y eut qu’une centaine d’adultes survivants de cette rafle et aucun enfant. La rafle du Vel d’hiv a marqué une accentuation de la collaboration entre le régime de Vichy et l’occupant nazi à propos de la « question juive ». Mais elle a aussi entraîné une fracture de l’opinion française, jusque là massivement indifférente ou attentiste et a poussé des Français vers la résistance.
Nous n'avons aucun moyen de savoir ce que Samuel et sa petite sœur Berthe (ou Betty) ont pu ressentir lors de cette rafle, néanmoins, des témoignages d'enfants rescapés du Vel d'Hiv peuvent nous permettre d'en avoir une petite idée :


Aux archives nationales, se trouvent les fiches du fichier juif établi grâce au recensement. On découvre que lors du recensement, l'administration a enregistré leur nom de famille orthographié « ASCHER » alors qu'à Metz, l'orthographe utilisée est bien ASZER. Sur les fiches de Herszon et Chana (Chawa), extraites du fichier juif, on trouve l'indication : « arrêté(e) le 16.7.42 » (Archives Nationales, cote F9-5605).
La famille Aszer se retrouve enfermée au Vélodrome d'Hiver. On ne sait si Samuel a réussi à échapper à la rafle ou s'il s'est enfui du Vél' d'Hiv, comme ont pu le faire d'autres enfants — toujours est-il qu'on le retrouve le 19 juillet à près de 400 kilomètres au Sud-Est de Paris, à Montceau-les-Mines, où il est arrêté par des douaniers allemands, vraisemblablement sur la ligne de démarcation.
Il est très vraisemblable que Samuel a bénéficié d'une aide extérieure — un enfant de 14 ans ne peut à l'évidence parcourir seul les quelque 400 kilomètres qui séparent Montceau-les-Mines de Paris en trois jours — et qu'il a tenté de passer la ligne de démarcation, comme l'indique l'une de ses cousines, Valérie Tennenbaum, dans les documents déposés sur le site de Yad Vashem en 1992.
Le registre d'écrou des personnes appréhendées par les autorités allemandes du commissariat de police de Montceau-les-Mines nous apprend que Samuel est arrêté le 19 juillet 1942, à 7h30 précises.

Il reste à Montceau jusqu'au 23 juillet 1942, 13h, puis il est transféré à la prison de Châlons-sur-Saône. Nous savons qu'il y reste jusqu'à la fin du mois de juillet 1942 puisque sa fiche d'entrée au camp de Pithiviers est datée du 1er août 1942.
La sœur de Samuel, Berthe (ou Betty), et ses parents avaient quant à eux été transférés depuis le Vélodrome d'Hiver au camp d'internement de Pithiviers le 20 juillet 1942. Comme toutes les familles, le père a dû être séparé de sa femme et de sa fille.
Le père de Samuel, Herzson Aszer, est déporté par le convoi n°13. Il part de Pithiviers le 31 juillet 1942, destination Auschwitz — alors que Samuel n'arrive dans le camp que le 1er août. La mère de Samuel, Chawa Aszer née Tenenbaum, est déportée par le convoi n°14. Elle part de Pithiviers le 3 août 1942, destination Auschwitz.
Samuel a-t-il vu sa mère Chawa ou sa sœur Berthe lorsqu'il est arrivé à Pithiviers ? Ont-ils su l'un et l'autre qu'ils étaient dans le même camp ? Autant de questions qui resteront à jamais sans réponse… Il est cependant possible d'envisager, d'après ce qu'écrit un autre déporté qui a rencontré la petite Berthe à Pithiviers en septembre 1942, que Samuel a pu revoir sa sœur dans ce camp d'internement. On peut en effet lire dans l'ouvrage de Sylvain Kaufmann, survivant du centre de mise à mort de Birkenau, intitulé Au delà de l'enfer, le passage suivant :
Alors que les parents de Samuel et Betty ont déjà été déportés de Pithiviers vers Auschwitz-Birkenau, le grand-père maternel des enfants, Isaac Tennenbaum, installé à Nîmes, tente de les faire sortir du camp d'internement. Il adresse dans ce but une lettre au secrétaire général de l'UGIF à Marseille, dans laquelle il lui demande d'intervenir en faveur de « ces malheureux enfants ». Cette lettre reçoit l'appui du grand rabbin de Colmar, E. Weill, qui ajoute en marge : « je me permets de vous recommander spécialement M. Tennenbaum, famille fort intéressante et respectable ».
Il reçoit le 21 août pour seule réponse du secrétaire du Directeur Général de l'UGIF de Marseille une courte lettre dans laquelle celui-ci accuse réception de la missive de M. Tennenbaum et lui demande seulement de bien « vouloir fournir à nouveau » la dernière adresse de la famille Ascher, sans qu'il soit fait mention du sort des deux enfants.
S'ensuit alors le 23 août 1942 un nouveau courrier du grand-père de Samuel dans lequel il donne les renseignements demandés, au dos duquel se trouve une lettre du grand rabbin de Colmar qui insiste sur le fait que Monsieur Tennenbaum est « un homme fort honorable ; accablé dans presque tous les membres de sa famille par les épreuves qui nous frappent, surtout désolé du malheureux sort de ses petits enfants internés à Pithiviers ».
Cet échange épistolaire reste malheureusement sans aucun effet sur le destin de Samuel et de Betty. D'autant qu'à la date de la dernière lettre de son grand-père, Samuel a déjà quitté Pithiviers pour Drancy, antichambre de la déportation vers Birkenau.
Cinq convois étaient partis de Pithiviers directement à destination du centre de mise à mort de Birkenau entre juin et août 1942, emportant les parents de Samuel (convoi n°13 le 31 juillet pour son père, convoi n°14 le 3 août pour sa mère). D'autres trains, partis de Pithiviers les 15, 22, 25 août et le 21 septembre 1942, avaient emmené des internés vers Drancy pour y être ensuite déportés.
Le 11 août 1942, l'Untersturmführer Ahnert adresse au département IVB4 du RSHA un télégramme demandant l'autorisation d'un transport d'enfants juifs présents dans les camps d'internement en France. Samuel Aszer, transféré de Pithiviers à Drancy le 22 août 1942, dans le wagon 19, part le 26 août par le convoi n°24… il a 14 ans.
Convoi n°24 · Drancy → Auschwitz-Birkenau · 26 août 1942
Le convoi n°24, qui part de Drancy pour Auschwitz le 26 août, est composé de 360 enfants juifs détenus dans le camp de Pithiviers depuis leur arrestation le 16 juillet. La grande majorité d'entre eux a moins de 12 ans.
Ernst Heinrichsohn, responsable du convoi, envoie un télex confirmant le départ du train désigné D901-19 en provenance de la gare du Bourget-Drancy pour Auschwitz, le 26 août à 8h55, avec à son bord 1 000 Juifs. Jusqu'à la frontière, le train est escorté par la gendarmerie française et un petit contingent de la Feldgendarmerie. Une fois passée la frontière franco-allemande, ils empruntent vraisemblablement le trajet Saarbrücken, Frankfurt-Main, Dresden, Görlitz, Nysa, Cosel et Katowice avant d'arriver à Auschwitz. C'est le premier convoi à s'arrêter à Cosel, à proximité d'Auschwitz, où une sélection a lieu et où les hommes valides sont envoyés dans des camps de travail de la région.
Arrivés à Auschwitz-Birkenau le 28 août, 27 hommes sont sélectionnés pour des travaux forcés et tatoués des numéros 62093 à 62119. Trente-six femmes sont sélectionnées et tatouées des numéros 18609 à 18644. Selon Serge Klarsfeld, on dénombrait 24 rescapés de ce convoi en 1945.
Âgé de seulement 14 ans au moment de sa déportation, Samuel Ascher a très certainement été assassiné comme les autres enfants de son convoi, dès son arrivée au centre de mise à mort de Birkenau. Son acte de décès officiel porte d'ailleurs la date du 31 août 1942.
Herzson ASZER 1900 · Chawa ASZER née TENENBAUM 1906